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đŸŽ¶ Daniel Balavoine – Le Chanteur


Cette chanson n’est pas une apologie de la rĂ©ussite, ou un simple fantasme de gloire.

C’est le rĂ©cit d’un cycle plutonien complet, vĂ©cu Ă  travers une opposition Soleil–Pluton pleinement consciente.

Dans le thÚme de Balavoine, le Soleil en Verseau en maison I exprime un immense élan vital :

le besoin d’exister par soi-mĂȘme, de briller pour soi, d’affirmer une identitĂ© singuliĂšre.

Soutenu par le sextile Ă  Jupiter en BĂ©lier en II, l’élan est conquĂ©rant, impulsif, presque naĂŻf :

rĂ©ussir vite, vivre fort, gagner de l’argent, puis s’en dĂ©tacher.

Mais en face, Pluton en Lion, dans la maison des autres, introduit une autre logique :

celle du pouvoir, du magnétisme, de la domination symbolique exercée sur autrui.

Pluton en Lion veut rĂ©gner sur le dĂ©sir de l’autre, capter son regard, sa fascination, son Ă©nergie vitale. D’oĂč cette phrase volontairement crue et boursouflĂ©e :

« je veux que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi, qu'elles m'admirent... » —

non comme revendication sexuelle, mais comme fantasme de toute-puissance.

La chanson suit alors un mouvement implacable :

inflation de l’ego → grandiloquence → accomplissement du fantasme → retournement.

Car Pluton ne nourrit jamais durablement le Soleil.

Une fois la puissance acquise, elle cesse de renforcer l’ego et commence à le consumer.

La reconnaissance devient vide, la rĂ©putation devient un poids, l’image une prison.

Ce qui devait confirmer l’identitĂ© finit par la menacer.

L’opposition Soleil–Pluton introduit alors la chute :

perte de l’aura, vieillissement, effondrement de la rĂ©putation, destruction des faux-semblants.

Mais cette chute n’est ni vĂ©cue comme une injustice, ni comme une punition.

Elle est acceptée, presque sereinement, avec philosophie.

 « Je serai vieux et je pourrai crever »

 « Je veux mourir malheureux pour ne rien regretter »

Ici, Pluton a fini son Ɠuvre.

L’ego solaire accepte de ne pas survivre à l’illusion.

Ce qui reste, c’est une sagesse dĂ©pouillĂ©e, non morale, mais existentielle :

mieux vaut perdre l’ego que vivre dans le mensonge de soi.

Le Chanteur n’est donc pas uniquement une chanson sur le succùs,

mais aussi sur ce qui subsiste quand le succùs n’a plus de pouvoir.

Une Ɠuvre profondĂ©ment plutonienne, lucide, initiatique —

oĂč la lumiĂšre n’est vraie qu’aprĂšs avoir acceptĂ© sa propre destruction.

 
 
 

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