đ¶ Daniel Balavoine â Le Chanteur
- davidastro130
- 18 janv.
- 2 min de lecture

Cette chanson nâest pas une apologie de la rĂ©ussite, ou un simple fantasme de gloire.
Câest le rĂ©cit dâun cycle plutonien complet, vĂ©cu Ă travers une opposition SoleilâPluton pleinement consciente.
Dans le thÚme de Balavoine, le Soleil en Verseau en maison I exprime un immense élan vital :
le besoin dâexister par soi-mĂȘme, de briller pour soi, dâaffirmer une identitĂ© singuliĂšre.
Soutenu par le sextile Ă Jupiter en BĂ©lier en II, lâĂ©lan est conquĂ©rant, impulsif, presque naĂŻf :
rĂ©ussir vite, vivre fort, gagner de lâargent, puis sâen dĂ©tacher.
Mais en face, Pluton en Lion, dans la maison des autres, introduit une autre logique :
celle du pouvoir, du magnétisme, de la domination symbolique exercée sur autrui.
Pluton en Lion veut rĂ©gner sur le dĂ©sir de lâautre, capter son regard, sa fascination, son Ă©nergie vitale. DâoĂč cette phrase volontairement crue et boursouflĂ©e :
« je veux que les filles soient nues, quâelles se jettent sur moi, qu'elles m'admirent... » â
non comme revendication sexuelle, mais comme fantasme de toute-puissance.
La chanson suit alors un mouvement implacable :
inflation de lâego â grandiloquence â accomplissement du fantasme â retournement.
Car Pluton ne nourrit jamais durablement le Soleil.
Une fois la puissance acquise, elle cesse de renforcer lâego et commence Ă le consumer.
La reconnaissance devient vide, la rĂ©putation devient un poids, lâimage une prison.
Ce qui devait confirmer lâidentitĂ© finit par la menacer.
Lâopposition SoleilâPluton introduit alors la chute :
perte de lâaura, vieillissement, effondrement de la rĂ©putation, destruction des faux-semblants.
Mais cette chute nâest ni vĂ©cue comme une injustice, ni comme une punition.
Elle est acceptée, presque sereinement, avec philosophie.
 « Je serai vieux et je pourrai crever »
 « Je veux mourir malheureux pour ne rien regretter »
Ici, Pluton a fini son Ćuvre.
Lâego solaire accepte de ne pas survivre Ă lâillusion.
Ce qui reste, câest une sagesse dĂ©pouillĂ©e, non morale, mais existentielle :
mieux vaut perdre lâego que vivre dans le mensonge de soi.
Le Chanteur nâest donc pas uniquement une chanson sur le succĂšs,
mais aussi sur ce qui subsiste quand le succĂšs nâa plus de pouvoir.
Une Ćuvre profondĂ©ment plutonienne, lucide, initiatique â
oĂč la lumiĂšre nâest vraie quâaprĂšs avoir acceptĂ© sa propre destruction.







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